VIVRE C'EST BRÛLER !

Chroniques de création du shintaïdō, un art martial japonais

Sans la moindre métaphore
et dans toute l'acception du mot,
vivre, c'est brûler.
Victor Hugo

Dans le jaillissement extraordinaire des années soixante, un groupe de jeunes idéalistes Japonais se lança dans une quête typique de l’époque : abattre les barrières de cultures et de classes des vénérables budō pour en amener l’essence au plus grand nombre. Ils fondèrent ainsi la Rakutenkaï, la "société des optimistes", puis, en 1975, une toute nouvelle discipline, le Shintaïdō. L'aventure prit alors fin et les membres qui ne participèrent pas à la construction de la nouvelle discipline, se dispersèrent..... 

..... jusqu'à ce qu'une trentaine d'années plus tard, Pierre Quettier, instructeur de Shintaïdō mais aussi sociologue de l'Université Paris8, s'inquiète de voir un jour disparaître la mémoire de ces moments d'incandescence sans qu'aucune trace objective n'en ait été conservée. Ayant décidé de s’atteler à la tâche tant qu'il en était encore temps, H. Fugaku Ito, un des derniers représentants connus de la Rakutenkaï, et lui-même entreprirent alors un voyage de plusieurs semaines à travers le Japon afin de récolter les témoignages autobiographiques de tous les membres qui acceptèrent de les recevoir. Une fois sécurisées ces "traces" il fallut attendre encore presque vingt ans pour que, grâce au concours de nombreuses bonnes volontés, la masse considérable de ces matériaux d'enquête en langue japonaise "accouche" de la publication française d'un ouvrage scientifique digne de ce nom, réunissant les récits biographiques de ces moments de création et les analysant dans leur perspective historique.

L’ambition de cette biographie collective est de donner accès aux "mythes originels" du shintaïdō en les présentant à hauteur des hommes et des femmes qui vécurent ces moments, tels qu’ils les vécurent. Ce témoignage pourra s’avérer précieux, non seulement pour les adeptes du shintaïdō d'aujourd'hui, mais pour toute personne recherchant une vision « de l’intérieur » sur les processus d’évolution des arts dits « ancestraux » : spécialistes en martial arts studies ou, plus largement, de ces arts populaires japonais si particuliers - sado ou art du thé, kadō ou art des fleurs, origami ou art du pliage papier, rakugō ou art des histoires drôles, etc - codifiant les savoirs-exister de la culture japonaise, au bénéfice de toute culture, et offrant aux chercheurs en sciences humaines autant de corpus d’ethnosociologie de grande valeur.

Le site a pour projet de faire connaître mais aussi d'appuyer l'ouvrage :